Pôle emploi vs privé... une histoire qui ne date pas d'hier !
Par AurelieT le vendredi 24 juillet 2009, 20:49 - Recrutement vôtre - Lien permanent
Comme l'évoquent pas mal les médias ces derniers temps, oh, horreur ! Le gouvernement va faire appel au privé, pour aider le Pôle Emploi qui est actuellement débordé. Bon, en même temps, vu tous les licenciements qu'il y a eu depuis le début de l'année, c'est évident qu'ils doivent avoir un sacré nombre d'inscriptions !
Pour souvenir, je me suis "réinscrite" en janvier (après le fameux CDD qui a failli me coûter une radiation... voir ici et là) et mon rendez-vous avec ma conseillère aurait dû être le... 1er avril ! soit près de quatre mois d'attente à ce moment-là. Sauf que j'ai eu la chance de pouvoir l'éviter en retrouvant miraculeusement un travail quelques jours avant (ouf).
La grande peur des employés du Pôle Emploi, à mon avis, c'est de se faire un jour dépasser par les sociétés privées.
Sauf que bon, lorsqu'on y regarde bien, le privé est déjà là depuis pas mal d'années, dans la recherche d'emploi !
Les missions locales sont là depuis déjà 25 ans, pour accueillir les jeunes de 16 à 25 ans. Et contrairement à ce que peuvent croire certains, les missions locale sont des organismes... privés ! J'en ai testé une de 2005 à 2008 et je peux vous assurer que lorsque les 26 ans approchaient, je n'avais vraiment pas envie de retourner voir l'ANPE (pardon, le Pôle Emploi !). Justement, le côté privé demande peut-être un aspect + "rentable" et "humain" que l'on ne trouve pas forcément au Pôle Emploi où, à part à mes débuts en Normandie, j'ai toujours eu l'impression (comme beaucoup) de faire suer le monde...
Même au Pôle Emploi, je me souviens qu'en 2004, lorsque j'ai commencé ma quête, j'avais suivi un atelier maintenant célèbre parmi les demandeurs chercheurs d'emploi : celui de la lettre de motivation... Par qui cet atelier était-il assuré ? Par une personne du privé, encore une fois !
Et vous savez par qui sont souvent suivies les personnes ayant un handicap reconnu par la COTOREP ? Pas vraiment par le Pôle Emploi encore une fois ! Ils peuvent, par exemple, être suivis par Cap Emploi ! Et il me semble qu'il existe d'autres organismes du même type...
Les cadres, quant à eux, peuvent être suivis par une agence Pôle Emploi Cadres, ça existe, mais peuvent aussi parfois aller du côté de l'APEC.
L'idée du gouvernement semble être cette fois-ci, si j'en crois l'article du Figaro Economie, de faire intervenir les sociétés d'intérim, des cabinets de reclassement et des organismes de formation et d'insertion professionnelle.
Je suis vraiment curieuse de voir ce que ça va pouvoir donner, déjà qu'au Pôle Emploi, il paraît que ce n'est pas la fête, avec la fusion public/privé !
En novembre dernier, Dominique Nugues disait ainsi : "C'est inédit une fusion entre un organisme de droit privé (les Assedic) et un autre de statut public (l'ANPE), et il va falloir harmoniser les salaires, plus élevés aux Assedic, revoir la protection sociale, les retraites, les conditions d'embauche" (source : Le Point)
Mon petit doigt me dit que cette petite dose de poudre risque fort de réactiver les explosifs déclencheurs de grêves...
En tout cas, comme l'indique Olivier, les offres pour être "conseiller privé" au Pôle Emploi ne sont guère alléchantes !
Commentaires
Je me permets d'ajouter un commentaire à votre article.
Que l'ANPE -ou le Pole Emploi délègue ses accompagnements au "privé", ce n'est pas nouveau. J'ai travaillé 8 ans dans l'accompagnement à l'emploi et le bilan de compétences, essentiellement sur des prestations que le Pole Emploi achète à des centres de formations et autres associations chargées de remettre à l'emploi les chomeurs. Aujourd'hui cela s'appelle "cible emploi", ça dure 3 mois et ça a une pertinance variable. Mais il existe aussi des dispositifs financés par les Conseils régionaux pour les chomeurs de (très) longue durée, de type PLIE ( plan local pour l'insertion et l'emploi) ou Pole 13 dans les Bouches du Rhone.
En général, les agents Pole Emploi y envoient les cas qu'ils ne peuvent/veulent pas traiter car trop difficiles au vu du temps et des moyens dont ils disposent : ils "destoquent" les cas sociaux vers les dispositifs complémentaires en quelque sorte.
En même temps, je n'aime pas trop l'idée que les conseillers Pole Emploi se la coulent douce : leurs salaires et condidtions de travail ne sont pas terribles, et, comme chacun d'entre nous, ils font ce qu'ils peuvent. Il faudrait juste arrêter de croire que c'est le role du Pole Emploi que de trouver du travail aux chomeurs...
C'est clair qu'on colle encore trop souvent au Pôle Emploi le rôle de trouver un travail aux chômeurs.
Aujourd'hui, le Pôle Emploi est plutôt là pour faire un "suivi" des recherches d'emploi, aider dans le sens "aide pour les lettres de motivations et CV" et suivi des éventuels besoins en formation.
Sorti de ça et des quotas de radiations à atteindre...
je répondrai à Aurélie que dans certaines agences de pole emploi, il y a du laisser aller.Pour preuve ma fille, inscrite depuis le 22 mars 2009 et qui, dans le cadre du Projet personnalisé d'acès à l'emploi, aurait dû avoir un 1er rendez-vous individuel avec son conseiller référent au cours du 4ème mois attend toujours. Malgré ses divers appels au 39 49 et des courriers en A/R à cette personne, aucune réponse ne lui est parvenue. Elle a également envoyer une lettre au directeur de cette agence en A/R pour expliquer la situation mais force est de constater que même la direction n'a pas la politesse de répondre. Par contre sur leur lettre type, pôle emploi invente des rendez-vous (date à l'appui) qui aurait eu lieu entre ma fille et sa conseillère. ABBERANT!!! Ce n'est qu en septembre qu'il lui a été proposé non pas un rendez vous individuel (ce serait trop beau!) mais une réunion collective sur tout un après midi et en plus cela ne correspondait pas aux modifications qu'elle leur avait donné.Pole emploi a bonne mine de toujours parler des obligations des demandeurs d'emploi, il faudrait qu'eux même respectent leurs obligations. Mais comme beaucoup de demandeurs d'emploi le constatent, à part les menaces de radiations qu'ils font planer c'est un dialogue de sourds. De plus ils se sentent forts face à des personnes privées d'emploi qui psychologiquement ont du mal à l'accepter 'il suffit de voir la façon dont ils répondent parfois aux personnes qui se présentent aux guichets. Et leurs questions du genre "savez vous vous servir d'internet ? faire un cv ? etc...S'ils se donnaient la peine de consulter les dossiers , ils auraient les réponses. Ce n'est pas leurs lettres types (toutes faites) qui leur prend beaucoup de temps. Je vous concède que certains demandeurs d'emploi abusent mais ce n'est pas pour une poignée de ces personnes qu'il faut se permettre de délaisser son travail envers les autres.